Saint Thomas d’Aquin († 1274) a qui l’on attribue cet hymne au très Saint-Sacrement avait un profond désir de l’Eucharistie. Quand il la célébrait des larmes coulaient sur ses joues. Il a été chargé par le Pape Urbain II – par qui cette fête est devenue obligatoire dans le calendrier catholique – de rédiger le texte de l’office et de la messe de cette nouvelle solennité.

Pange, lingua , tantum ergo sacramentum :
Hymne au Très Saint-Sacrement

Chante, ô ma langue, le mystère
De ce corps très glorieux
Et de ce sang si précieux
Que le Roi de nations
Issu d’une noble lignée
Versa pour le prix de ce monde

Fils d’une mère toujours vierge
Né pour nous, à nous donné,
Et dans ce monde ayant vécu,
Verbe en semence semé,
Il conclut son temps d’ici-bas
Par une action incomparable :

La nuit de la dernière Cène,
A table avec ses amis,
Ayant pleinement observé
La Pâque selon la loi,
De ses propres mains il s’offrit
En nourriture aux douze Apôtres.

Le Verbe fait chair, par son verbe,
Fait de sa chair le vrai pain;
Le sang du Christ devient boisson;
Nos sens étant limités,
C’est la foi seule qui suffit
pour affermir les cœurs sincères.

Il est si grand, ce sacrement !
Adorons-le, prosternés.
Que s’effacent les anciens rites
Devant le culte nouveau !
Que la foi vienne suppléer
Aux faiblesses de nos sens !

Au Père et au Fils qu’il engendre
Louange et joie débordante,
Salut, honneur, toute-puissance
Et toujours bénédiction !
A l’Esprit qui des deux procède
soit rendue même louange. Amen.

(Saint Thomas d’Aquin)